La Data, une science pragmatique

Le 6 septembre, le président du Groupe BPCE, François Pérol, s’est rendu au 89C3 F (Paris 13e), pour échanger avec les équipes de la nouvelle organisation du groupe dédiée à la Data, le « Chief Data Management Office ».

Cette nouvelle structure, dirigée par Vincent Schricke et directement rattachée au Chief Digital Officer du groupe, Yves Tyrode, a un enjeu de taille : disposer de l’ensemble des données des entreprises du groupe, maintenir ces données au niveau de qualité souhaité et exploiter leur formidable potentiel pour améliorer la gestion des risques et l’efficacité commerciale.

Une pression réglementaire forte

Les banques disposent d’une multitude de données et sont parallèlement fortement contraintes par le régulateur. A travers la réglementation BCBS 239 relative aux données risques et finances, la BCE exige des banques qu’elles renforcent leur capacité à produire des reportings automatisés et de qualité, dans des délais courts. Des investissements coûteux supportés par les banques qui pourraient être aussi créateurs de valeur.

Un levier pour accroître l’efficacité opérationnelle

Vincent Schricke en est convaincu : « la pression réglementaire s’est transformée en stimuli ! Nous avons organisé et fiabilisé nos données dans une approche par les risques, pourquoi ne pas élargir nos concepts aux données commerciales ? C’est une véritable opportunité d’améliorer notre fonctionnement et l’efficacité de notre relation client. Les cas d’usage sont multiples en banque de détail, précise-t-il. La diminution des fraudes, l’octroi de crédits dans des délais très courts, un meilleur ciblage de prospection pour libérer du temps commercial ou encore l’identification de clients en risque d’attrition… sont autant d’exemples gagnants pour le groupe et gagnants pour le client ».

Des avancées aujourd’hui possibles, grâce aux évolutions technologiques, rappelle Vincent Schricke. Le stockage des données autrefois très coûteux est devenu plus accessible et la puissance des calculs s’est exponentiellement développée. Tous les signaux sont donc au vert pour travailler à des modèles qui prédisent l’avenir, de plus en plus fins.

« Un potentiel infini de cas d’usage, note François Pérol, avec l’exigence toutefois d’être exemplaire en matière de protection des données personnelles, précise-t-il. Toutes les données personnelles du « Data lake » sont anonymisées. Nous ne nous intéressons pas aux données privées de nos clients, mais à leurs comportements, avec pour finalité d’accroître notre efficacité auprès d’eux ».

1/ Photo, de g. à d. : Vincent Schricke, Yves Tyrode, Valérie Mardellat, Frédéric Burtz, François Pérol, Stéphane Creuly
2/ Photo, de g. à d. : Manon Laroche, Vincent Schricke, François Pérol, Yves Tyrode, Loïc Brient.